Automatic writing – 29.11.16

(Comme précisé, cette écriture automatique date d’il y a quelques mois. Je les consigne précieusement, et je pense en montrer quelques unes ici.)


Skies melting in indigo; to the horizon, I began to slowly slip away from my own hands. Reaching out as I collapse, smiling high between the night… Here I go: just wait and see for someday the sky will turn grey.
I writhe, I wither, please peel away what is left of me.
The remnants of my dreams, the way I held all my fears– couldn’t I let go? In the end this is it, all you have to know. Holding breaths and breathing rhymes; burning heights, flashing lights stepping away from me.
Don’t cry. I don’t need any more of this — those happy endings, right.
I wish I could have been there,
I wish I could have been.

                    [Joking.]

bérénice. (poème machine)

Il faudra prendre le petit chemin de terre
     sentir les fleurs murmurer bleu
Les pas se caressent à l’évidence du chant
L’évidence du soleil dans le ciel glabre du matin
Autour de soi il y a une collusion d’herbes, les astres sourient au ralenti
Et la main qui se lève et éponge des rêveries sur un front pâle
     semble veinée de myosotis
Régression dans la vitesse, on cible le regard dans les arbres
Atteint son but notre bonheur
Une biche traverse les pierres feuille d’automne
     personne n’en voit jamais.

©isagawa

Ecrire pour l’oeil ou pour la bouche

JE PRENDS MA RETRAITE

Depuis que j’ai commencé à te raconter cette histoire, je ne fouille pas que ma mémoire. Je passe des heures dans les cartons, à rechercher des pièces à conviction, et ce que je retrouve n’est jamais ce que je crois avoir gardé.

Je viens de tomber sur un paquet de conducteurs (le conducteur, c’est la trame de l’émission couchée sur du papier, ce dont on se sert au micro mais aussi en régie, pour savoir quand il faut envoyer un son, une chanson…).

Ce sont ceux de « Par monts et par mots », l’émission qui remplace « A mots découverts » sur la grille d’été de Radio Bleue en 98.

C’est un projet qui n’est pas du tout adapté aux moyens dont nous disposons, et en décidant de le mener à bien, je nous impose un travail de titan, à Françoise et à moi.

L’idée, c’est de piocher dans les émissions des trois…

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Documentation sur la traduction

Camarades lecteurs, comme vous le savez peut-être, j’ambitionne de devenir traductrice (et aussi d’assassiner le traducteur de J.K Rowling pour pouvoir prendre sa place et lire les livres en avant-première). Je me suis fait la réflexion, plus tôt dans la journée, qu’en tant que wannabe traductrice j’aimerais bien connaître une petite base de donnée sur la traduction, les traducteur.ices, tout ça.

Bon, je n’ai sans doute pas la science infuse concernant ce domaine, mais on ne peut nier qu’il m’intéresse. Moi quand quelque chose m’intéresse, je lis des choses dessus et j’en oublie de ranger ma chambre. Je pense donc compiler ici dans les prochains mois les articles que je lis sur le sujet.

  1. Le projet de traduction de Kafka par Laurent Margantin, expliqué sur Diacritik ici (et le site de Laurent Margantin où est postée la dite traduction, ici).
  2. Un article des Echos qui rappelle le caractère indispensable des traducteurs malgré leur statut somme toute assez inconnu.
  3. La vision de la traduction par Markowicz, un article de Libération

Je suis une autrice

Miroslava Zetkin

J’étais tellement petite quand j’ai commencé à rédiger des histoires que je n’ai absolument pas songé à la façon dont il convenait de me qualifier. D’ailleurs, je n’écrivais que de petites histoires par-ci par-là, le plus souvent basées sur des œuvres fictionnelles, et la profession à laquelle j’aspirais était celle de vétérinaire. En grandissant, j’ai par contre commencé à me poser des questions sur le mot qu’il convenait d’utiliser pour définir mon écriture. J’ai peu à peu cessé de la considérer comme un « simple » passe-temps sans importance, et ça a notamment été très vrai lorsque j’ai terminé mon premier roman –entièrement original, celui-ci. A ce moment, même si je ne me considérais pas comme un auteur professionnel ni même n’envisageais de le devenir, je n’ai pas trouvé disproportionné de me qualifier d’écrivain. J’écrivais des histoires, beaucoup, qu’elles soient fanfictionnelles ou originelles, et j’étais capable de mener à terme des…

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The Torn Letter (T. Hardy) – exercice de traduction amateur

[Camarades lecteurs, avant de commencer, je vous prie de ne pas utiliser ma traduction ou mon commentaire sans citer sa source ; c’est une politesse élémentaire, et également ce qui permet à mon blog de se faire connaître ! Merci ♡ ]

Etudiant cette année le poète Thomas Hardy, et ayant dû récemment commenter son poème « The Torn Letter », j’ai été étonnée de découvrir qu’il n’existait pas de traduction française qui était dédiée à ce poème… ou alors je n’ai pas su la trouver, ce qui est également possible.

Dans tous les cas, j’ai pris ça comme un défi et ai décidé de traduire, tant dans la forme poétique que dans le fond, ce poème anglais. Bien qu’ayant une certaine expérience amateur en traduction (je vous renvoie à mon compte fanfiction.net et archive of our own), c’est la première fois que j’essayais de traduire formellement un poème.

NB : Un comparatif avec la version originale est disponible en bonne qualité ici (traduction-the-torn-letter-hardy).

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La lettre déchirée 

1
J’ai déchiré ta lettre en morceaux pas plus grands
Que le duvet des canards bouffant dans le vent
Qu’ils lissent sur les vagues, mouvement constant,

Et ce parmi les temps changeants.

2
Seul laissé sur mon lit dans l’obscurité nue
Je crois t’avoir aperçue dans une vision
Et t’avoir entendue : « pourquoi la dérision

D’une attention, bien qu’inconnue ? »

3
Oui, ma colère enfin avait suivi son cours
Et ma folie d’hier fraîchie par la nuitée
Je souffrais ; ma tristesse ornée de remords lourds

En devenait un vrai regret.

4
Quels jours pensifs, patients doit passer – je pensais –
Cette âme de fibre si tendre, cet auteur
Quelle bonté honore, enfin, l’expéditeur,

De mots si doux, brillant phrasé !

5
Les voyant si précieux, alors, et révolté,
Je cherchai les fragments, trouvai, raccommodai ;
Minuit blanchit avant que je n’ai terminé,

Rassemblant les mots sacrifiés.

6
Mais certains, hélas, des mots que j’avais jeté,
Détruits à jamais, ne purent être retrouvés
Ils étaient ton nom et ton adresse, et jamais

N’ai-je pu les récupérer.

7
J’appris avoir perdu, par cette éruption,
Ta trace. Le sort l’avait décidé ainsi :
Dans la vie, dans la mort, séparés nous serions,

Cette pensée, oui, j’en souffris.

8
Né il y a longtemps, ce douloureux chagrin
Palpite là ; jamais je ne l’ai dépassé
Pour toi, quelle revanche, si tu le savais !

Mais Dieu merci, tu n’en sais rien.


traduction ©isagawa

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Mes choix de traduction

Il fallait tout d’abord choisir la forme que je voulais donner au poème. J’aurais pu ne traduire que le sens, mais le défi perdait du même coup tout son intérêt. Le vers libre, s’il permettait une plus grande liberté, et peut-être une plus grande licence poétique, m’a tentée quelques temps, mais il ne rendait pas non plus justice à la version originale. En effet, les vers de Hardy sont très travaillés : le mètre (meter) de « The torn letter » y est extrêmement rythmé. On pourrait dire, dans un commentaire littéraire, que ce caractère presque lancinant des vers rappelle la présence inconnue mais qui s’éternise dans l’esprit du narrateur – mais c’est aussi et avant tout une preuve de l’extrême attention que portait Hardy à la forme. Il aurait pu écrire un poème au mètre plus irrégulier, comme il l’a déjà fait avec d’autres écrits de At Casterbridge Fair par exemple ; mais ici, le caractère presque scandé de la chose rappelle une ballade, et pour moi, c’était l’alexandrin français qui parvenait le mieux à retranscrire cette forme très travaillée du poème, et son caractère somme toute quasi-religieux.

Néanmoins, j’ai également pris en compte que le poème est très structuré : en effet, chaque strophe est numérotée et ne forme qu’une seule phrase -d’où de nombreux enjambements-, un petit tout, et même une sorte d’épisode. Selon moi, il fallait que je trouve le moyen de retranscrire la mise en exergue de la fin des phrases, cette sorte de ressac qui contribue également à l’esprit lancinant du poème d’origine dont je parlais plus haut ; et quelque chose qui mettrait également en avant la quasi-chute de la huitième strophe. C’est pourquoi j’ai choisi d’utiliser, en chaque fin de strophe, un vers composé en octosyllabes.

NB : Si ces considérations formelles vous intéressent, voici le commentaire que j’ai fait en classe concernant ce poème : commentary-the-torn-letter-hardy.

Je ne dis pas que les rimes que j’ai pu trouver sont exceptionnelles de finesse et d’élégance. Néanmoins, j’estime ne m’être pas trop éloignée du sens d’origine (et pourtant, ma grande peur en commençant était d’abuser de la licence poétique !), et je suis plutôt satisfaite. Qu’en pensez-vous ?

Vous avez une idée de meilleure rime ? Un poème à me conseiller ? Je vous laisse me dire tout ça dans les commentaires, je retourne raturer dans mon carnet. Bonne soirée