T.S. Eliot – La Chanson d’amour de J. Alfred Prufrock (The Love Song of J. Alfred Prufrock, 1917)

BEAUTY WILL SAVE THE WORLD

La Chanson d’amour de J. Alfred Prufrock décrit les états d’âme d’un homme dans la quarantaine, esseulé et sans amour, conscient que ses aspirations et ses envies sont beaucoup plus profondes que celles du reste du monde. L’orateur sait que les femmes ne le regarderont pas s’il n’attire pas leur attention par quelques actes violents; il ressent la nécessité d’attirer l’attention mais craint d’être rejeté et raillé. Un des éléments thématiques principaux du poème est d’ailleurs le vieillissement : L’orateur contemple les détails de sa détérioration physique, et médite l’idée d’une mort imminente.

T.S. EliotS’io credesse che mia risposa fosse
A persona che mai tornasse al mondo
Questa fiamma staria senza piu scosse.
Ma perciocche giammai di questa fondo
Non torno vivo alcun, s’i’odo il vero,
Senza tema d’infamia ti respondo.

Allons-nous en donc, toi et moi,
Lorsque le soir est étendu contre le ciel
Comme un patient anesthésié sur une…

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Parler (2) ~ Philippe Jaccottet

enjambées fauves

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Chacun a vu un jour (encore aujourd’hui on cherche à nous cacher jusqu’à la vue du feu)
ce que devient la feuille de papier près de la flamme,
comme elle se rétracte, hâtivement, se racornit,
s’effrange… Il peut nous arriver cela aussi,
ce mouvement de retrait convulsif, toujours trop tard,
et néanmoins recommencé pendant des jours,
toujours plus faible, effrayé, saccadé,
devant bien pire que du feu.

Car le feu a encore une splendeur, même s’il ruine,
il est rouge, il se laisse comparer au tigre
ou à la rose, à la rigueur on peut prétendre,
on peut s’imaginer qu’on le désire
comme une langue ou comme un corps ;
autrement dit, c’est matière à poème
depuis toujours, cela peut embraser la page
et d’une flamme soudain plus haute et plus vive
illuminer la chambre jusqu’au lit ou au jardin
sans vous brûler — comme si, au contraire,
on était dans…

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Ecrire pour l’oeil ou pour la bouche

JE PRENDS MA RETRAITE

Depuis que j’ai commencé à te raconter cette histoire, je ne fouille pas que ma mémoire. Je passe des heures dans les cartons, à rechercher des pièces à conviction, et ce que je retrouve n’est jamais ce que je crois avoir gardé.

Je viens de tomber sur un paquet de conducteurs (le conducteur, c’est la trame de l’émission couchée sur du papier, ce dont on se sert au micro mais aussi en régie, pour savoir quand il faut envoyer un son, une chanson…).

Ce sont ceux de « Par monts et par mots », l’émission qui remplace « A mots découverts » sur la grille d’été de Radio Bleue en 98.

C’est un projet qui n’est pas du tout adapté aux moyens dont nous disposons, et en décidant de le mener à bien, je nous impose un travail de titan, à Françoise et à moi.

L’idée, c’est de piocher dans les émissions des trois…

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