Nymphe

Je me demande si
                      un jour tout arrêtera de faire mal ;
Le soleil dans les yeux trop fort au matin
Un être aimé qui s’enfonce dans l’abyssal
Elle, son dos contre mon coeur et la nuit qui s’éteint.

Il semble que j’ai été créée
                      à mi-chemin entre le verre et l’acier trempé
L’important glisse sur moi comme une pluie d’été,
Mais ma larme a un rire au souvenir de mai.

Tout est trop dur et trop joli, je suffoque à la moindre averse
Rien ne me touche et tout me bouleverse.

Qui suis-je, entre la plume et le plomb,
Entre la mousse et le béton ?
Je grandis, je crois– c’est grandir, je crois
Ce processus, ainsi on l’appelle, je crois.

Je ne sais plus où termine la peau, où commence l’armure
Je suis pleine bouillonnante dans une maison vide
                      dont il me reste à remplir les murs.

Où termine la peau, où commence l’armure ?
Approchez, vous verrez comme tout me remue
Approchez-moi
                      je suis en pleine mue.

 


 

Quelques nouvelles
La fac me laisse peu de temps pour moi mais je continue d’écrire (des poèmes principalement, mais j’ai aussi une nouvelle en cours, que j’espère terminer un jour où l’autre, et j’ai enfin commencé la partie deux de mon roman).
Ces derniers temps, je pense de plus en plus à tenter d’éditer ces poèmes — je ne pense franchement pas que ce sera un succès, mais qui ne tente rien n’a rien après tout !
Je sais que ce WordPress n’a pas une visibilité débordante, mais j’ai quelques abonné⋅e⋅s et autres lecteur⋅ice⋅s régulier⋅e⋅s, et leur présence constante m’aide beaucoup. Alors merci ! 

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L’incendie

 

la fumée s’est répandue dans la maison
a frotté ses tentacules contre mon front
poussé les murs laissé des traces d’encre aux fenêtres

tout devient gris gris gris souris
tout devient gris

j’ai mis le feu pour ne plus rien reconnaître
cette maison familière me faisait frissonner
enfin ma carte des lieux est à incompléter

*

j’ai mis le feu pour que tout sente pareil
que le bois pendant l’été derrière la barrière,
(on est en août les arbres ont l’odeur de la fièvre je m’y perds)

c’était hier c’était la veille
derrière le grand pin une flaque, je me penche
l’image qu’elle me renvoie a la peau trop blanche

(il y avait une présence au fond des bois,
ce n’était pas moi)

*

je cherche encore mais la fumée m’embrouille l’esprit
je cherche encore mes poumons sont noirs de suie
tout devient-

*

autre était mon reflet ce jour-là
Autre la présence au fond des bois

(dans le silence l’Inconnu écarta la cendre
et m’avala.)

 


 

Ecrit pour le concours de ma prépa “Les bouilles lettrées”
Thème : L’autre/le miroir
Consignes : En mettant en lien ces deux notions, vous écrirez un poème de 10-30 lignes ou une nouvelle de 2-3 pages.

nox

Il fait noir la fatigue s’installe
Que faire
Il fait noir j’ai le coeur qui bat kaboom kaboom

Il semble que tu n’arrêteras jamais de me manquer
Un nuage, une buée ; je te vois comme à travers de la fumée
Presque ici et complètement absent

Je tends la main et ne rencontre que ton vide
kaboom kaboom
Pourquoi c’est si retentissant le souvenir de ta présence

Je tombe tête la première dans le rêve de nous
Que faire
Arrêter d’écrire tard dans la nuit.

mise en abîme de la pitié

Un jour il faudra bien te laisser vivre
Décider peut-être de démêler les mains autour de ta gorge
Nous, s’asseoir en face de toi te répéter que “ça vaut la peine”
En espérant que tu finisses par le croire.

Tu dis, la mort c’est une décision que tu attends de prendre
Mais mourir est le choix par défaut
C’est vivre la décision.
Si on te laisse c’en est fini de toi
Si on te laisse une seconde tu t’effondres et tu brûles
C’est une décision consciente tous les jours de te faire continuer à exister.

Tu danses en voulant tomber
On veut encore te rattraper
Le corps vrille –

Le geste est décidé
mais l’intention vacille.