Ash Wednesday

je ne me rappelle jamais

la date exacte du mercredi des cendres, à quoi il correspond

trop mécréante pour me souvenir

mais trop creusée, creuse pour oublier ce nom

un jour où peut-être dans les ruines on arrête de prétendre,

“mercredi des cendres”.

 

un phénix ne ferait pas moins de bruit en chantant

que n’en a fait mon cœur quand j’ai lu ce nom

(c’était dans Eliot, quelque chose qui plane, la ville, l’attente, la religion)

“mercredi des cendres”

comme s’il était un jour où tout brûlait sur pied

ou plutôt se consumait. je me demandais

 

est-ce qu’un mercredi pareil j’arrêterais de me sentir

si en décalage avec moi-même

car

j’ai l’impression de courir derrière ce qui existe de moi

ces milliers de brouillons

qui ne me satisfont pas

 

comment construit-on un phare dans une personne

comment instruit-on à quelqu’un à se connaître,

au coeur à tout revoir, il me semble que je gratte à peine la poussière.

que faire pour qu’enfin puissent se croiser

ces milliers de définitions

construites au fil des étés

 

des automnes, des hivers, des printemps.

les cultures qui prennent vie après un incendie,

elles me guident je crois. elles me montrent un chemin.

un mercredi des cendres où je pourrais

entreprendre de combler mon retard sur le temps

de mettre le feu à cette image de moi

 

qui n’est pas encore moi.

 

-teach us to care and not to care
teach us to sit still.

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