Chronique culturelle #2 – La différence invisible

 

« Mais non… Un autiste, ça parle pas, ça comprend rien… C’est pas toi. »

ldi


J’ai lu pendant le mois de février 2017 La Différence invisible, une BD à quatre mains de Mademoiselle Caroline et Julie Dachez. Cette pas si petite BD -quand je l’ai reçue à Noël, son épaisseur m’avait surprise- m’a fait une grande et belle impression.

NB : J’ai d’ailleurs demandé ce livre après avoir lu l’article du tumblr de lecture queer-friendly La Rainbowthèque, qui mérite que vous y jetiez un coup d’oeil !

Sur le fond. La Différence Invisible, c’est l’histoire d’une jeune femme qu’on sent mal dans sa peau, inadaptée socialement, et qui nous fait je l’avoue assez mal dans les premières pages. La BD, basée sur l’expérience de Mademoiselle Caroline, met en fait en lumière le quotidien d’une personne autiste Asperger. C’est suffisamment rare pour être remarqué, et c’est ce que j’ai vraiment apprécié dans le livre.
Contrairement à je pense une majorité de lecteurs, je ne suis moi-même pas totalement ignorante du syndrome d’Asperger. L’un de mes amis est Aspie, et j’avais déjà à son contact mis fin à certains de mes préjugés. Mais La Différence Invisible m’a permis d’approfondir mes connaissances sur le sujet, de me rendre compte parfois de mon propre comportement problématique aussi — je me suis reconnue dans beaucoup de personnages évoluant autour de Caroline et qui, s’ils ne veulent que son bien en lui disant de “voir du monde”, font en fait peser une énorme pression sur ses épaules. Et puis j’ai reconnu beaucoup de traits de caractère de mon ami Aspie au fil des pages, et ça fait aussi chaud au coeur ; car la Différence Invisible est une bande-dessinée hautement optimiste, qui crie haut et fort qu’on peut vivre avec son autisme, qu’il faut s’écouter.

Sur la forme. Carton plein pour cette bande dessinée me concernant, car j’ai également adoré le dessin ! Même s’ils sont sans doute très travaillés, les dessins donnent l’impression d’être faits rapidement, à main levée ; et ce style simple va finalement assez bien avec le personnage de Caroline, qui est une jeune fille simple et calme dans un monde trop bruyant pour elle. J’ai apprécié la manière dont la BD évolue au niveau des couleurs : les premières pages sont en noir et blanc, avec uniquement, de temps à autres, de petites touches de rouge – rouge qui se fait omniprésent lors de crises de panique, par exemple. Or, les couleurs se font plus vives, plus présentes, jusqu’à ce qu’on atteigne dans les dernières pages une palette complète — j’ai déjà évoqué le caractère optimisme du livre, eh bien on le voit également dans la colorisation.

Bilan. Je pense que la Différence Invisible est un petit bouquin qui peut faire beaucoup de bien à beaucoup de gens – les concernés, parce qu’ils se reconnaîtront enfin dans une oeuvre de fiction, et les non-concernés car c’est une oeuvre très didactique. Son caractère didactique est d’ailleurs renforcé à la fin du livre, où les autrices ont fait le choix de poser, après la BD, quelques pages explicatives sur l’autisme en général et Asperger en particulier, de donner des liens pour s’informer davantage si on le souhaite, et citent également des livres comprenant un héros aspie. Je n’ai pas encore eu le temps d’aller voir tout ça, mais j’ai apprécié l’attention.
Long story short, je vous recommande chaudement cette bande dessinée !

Et vous ? Qu’en avez-vous pensé si vous l’avez lue ? Si ce n’est pas le cas, connaissez-vous des livres safe mettant des personnages autistes sur le devant de la scène ?

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