Je suis « pro-vie ».

J’étais en train de scroller tranquillement dans ma TL, zigzagant entre spoils de Homestuck et discussions pseudo-philosophiques, quand j’ai vu passer un tweet « pro-vie ». Mais si, ce mouvement principalement et originellement américain mais qui se développe dans les autres pays, comme la gangrène ou le cancer, matez comme cette comparaison est appropriée. Vous savez, ce mouvement qui dit que l’avortement est un immonde péché.

J’ai envie d’écrire là-dessus depuis un certain temps mais je me suis retenue, je me suis mordu la langue parce que sur Twitter on ne sait jamais ce qui peut se passer. (Et j’ai pas trop envie de me prendre des commentaires réac dans la tronche m’voyez.)

J’ai envie d’écrire là-dessus parce que putain, qu’est-ce que je déteste le nom de ce mouvement, au moins autant que le mouvement lui-même.

Je le déteste parce que moi, je suis « pro-vie ».

Je suis pro-vie et je suis pour l’avortement. Parce que ça ne me semble pas paradoxal. Parce que c’est le contraire qui est antithétique.

Oui, je suis pro-vie. C’est-à-dire que je suis pour l’avortement pour toutes, sans slut-shaming et toutes ces conneries qu’on peut lire alors que bordel on est en 2016. Je suis pour l’avortement parce que ce n’est pas une action que nous les femmes prenons à la légère malgré ce que certains semblent penser, ça ne fait pas de nous des inconscientes, ça ne fait pas de nous des immondes tueuses d’enfants.

Par contre, vous, les soit-disant « pro-life », demandez-vous si vous n’êtes pas des meurtriers. Vous, qui forcez des femmes à avoir des enfants qu’elles ne désirent pas, à des moments où elles ne peuvent pas se permettre d’en avoir, pour satisfaire votre virilité et les couilles qu’à mon humble avis vous n’avez pas. Demandez-vous si vous n’êtes pas les tueurs de l’estime de soi/la jeunesse/la volonté propre de ces femmes. Demandez-vous si vous n’êtes pas les assassins de l’enfance du gamin qu’elles vont avoir, alors qu’elles n’auraient pas dû et que tout va être plus compliqué dorénavant.

Moi aussi je suis pro-vie ; mais je n’ai rien à faire avec vous, et l’usage que vous faites de ce terme me dégoûte. La vie que je défends, c’est la vie de ces femmes que vous forcez psychologiquement, par vos menaces, votre discours sexiste, votre idéologie puante, à faire ce qu’elles ne veulent pas faire.

Oui, je suis pro-vie. Sauf que pour moi, la vie qui doit être défendue n’est pas celle d’un amas de cellules qui n’est pas encore une personne. Mais celle d’une femme ayant le droit de faire des choix.

Je suis pro-vie.

Pas vous.

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3 réflexions au sujet de « Je suis « pro-vie ». »

  1. Pour avoir été dans cette situation à l’adolescence (avec mon ex de l’époque), je ne peux qu’être d’accord. Les « pro-vies » est une espèce dangereuse et agressive même envers ces proches.
    A 16 ans, ma copine enceinte, toute la bonne volonté du monde ne suffirait pas à élever un enfant, alors en discutant de que faire avec elle, la solution du planning familial était toute trouvée.
    Les ami(es), les proches, tous relativement rassurant ou presque… sauf sa famille, et c’est là que je trouve cet article pertinent, se retrouver face à des gens pourtant banals, des gens ordinaires qui porte en eux une haine inexpliquée sur des sujets qu’ils ne comprennent pas ou n’ont jamais vécu.
    Les parents de ma copine ont donc slut-shamé leur propre fille, à base de « c’est ton corps et ta chair, tu ne te respectes pas », quotidiennement, avec l’habituel refrain de son taré de père : « il à intérêt à assumer ton copain, heureusement pour vous que vous êtes encore ensemble, sinon je lui pète les genoux et ce sera ta fête ensuite… ».
    Dès le début, je savais que ma copine était de toute façon décidée (avant même de m’en parler) et qu’elle trouverait la force de surmonter la traitrise de ses parents… Mais c’était de l’optimisme naïf…
    Cette fille forte que j’essayai d’aider ou de comprendre se décomposait de jour en jour sous l’assaut répété des saloperies des gens avec qui elle partage 4 murs, passant de celle qui préfère « retarder » un merveilleux évènement que de le gâter, à celle qui s’est coupé un membre et qui malgré la perte, n’arrivait pas à se sentir assez coupable… Malgré l’aide psychologique apporté par le planning fam.
    Puis, ce manque dopé à la culpabilité c’est transformé en fossé dans notre couple, nous vidant nous-même de tout ressenti, avant de nous retourner l’un contre l’autre. Disons qu’une bonne année après le début de notre malheur, ces parents avaient même réussi à lui faire comprendre que pour se « rattraper », elle devait absolument faire un gosse…
    Pendant ce temps, nous, on à tenu la barre jusqu’au naufrage, d’ailleurs, elle aurait du s’appeler Emma. C’était une façon surement bête de tourner la page, mais à défaut de « l’avoir tué », il fallait donner un semblant de vie à ce petit être que l’on ne connaitra jamais.
    C’est malheureusement sur cette peine que les cons tapent, ceux qui savent mieux, ceux qui savent ce qui est bon, ceux qui savent faire culpabiliser leur propres enfants, frères ou soeurs, amies, proches…

    La suite, je ne l’ai pas vécu avec elle, après avoir enchainée les dépressions et les problème de dépendances, mon ex à réussi à ce stabiliser avec quelqu’un avec les mêmes « cicatrices » (et tant mieux pour elle), ils ont eu un enfant en juin 2015 d’ailleurs, je le sais même après avoir perdu contact parce qu’elle à enfin pu me reparler au téléphone avec le sourire, parce qu’elle m’a dit qu’Emma était apaisée, parce qu’elle m’a dit qu’elle respirait enfin depuis presque 10 ans…

    Les gens « pro-vies » n’ont d’égal que la bêtise de leur propos, des propos sans valeur, sans fond, sans corpulence… Après tout, il aurait « suffit » de les écouter pour ne pas souffrir autant, ces génies…

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    1. Wow, ce long commentaire. Je suis heureuse d’avoir eu accès à cette partie de ton histoire (c’était très émouvant…) et dans le même temps extrêmement flattée que mon bien humble article puisse faire écho à ce genre d’impressions. Merci beaucoup.

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