#JournéeDeLaTraduction

La traduction. Pour certains, elle n’est que le souvenir d’interminables heures de cours d’anglais où le professeur voulait vous faire rentrer l’art de la version dans la tête à coup de mauvaises notes. Pour d’autres, c’est une discipline à laquelle on ne pense tout simplement pas. Pour les derniers enfin, c’est ce qui vous a permis de lire les Harry Potter à 12 ans, quand vous n’étiez pas encore fluent in English.

La traduction, c’est pas mal, mais ça divise.

Personnellement, j’ai toujours aimé ça. En lire d’abord — sans les traducteurs je n’aurais pas pu lire Harry Potter, et sans Harry Potter je ne serais sans doute pas où je suis aujourd’hui — mais aussi y penser. Le concept seul me fascinait.

Ce qui explique que j’ai très rapidement commencé à en faire moi-même. Bon, soyons honnêtes, c’est également parce que j’étais la première de ma classe en anglais, et que devoir ânonner avec les autres élèves les noms des animaux de la ferme n’était pas passionnant. Vu qu’en classe le professeur, quelque soit l’année, tentait de rattraper les plus faibles, mon niveau à moi stagnait (quand il ne baissait pas) et je me suis très vite dit qu’il fallait que je trouve quelque chose à faire en anglais, n’importe quoi, pour m’exercer. Je ne dis pas que j’ai la fibre des langues (je fais aussi de l’allemand et bon, j’aime bien ça mais c’est tout de même pas la même chose), mais l’anglais et moi, depuis longtemps, c’est l’amour fou.

J’avais commencé à lire et écrire des fanfictions quelques temps plus tôt, c’est donc vers ce modèle que je me suis tournée. Mes premières traductions étaient bien évidemment immondes, souvent j’ai demandé l’avis voire l’aide de mes parents, et je ne demandais pas l’autorisation aux auteurs donc les deux ou trois premières que j’ai vraiment achevées n’ont pas été postées. Mais j’ai senti à un moment que je m’améliorais — et c’était également visible en classe. Dans les essays de 200 mots qu’on nous demandait en 3°, j’étais capable de placer des mots comme cuddle (=se pelotonner) tandis que d’autres planchaient encore sur la liste des verbes irréguliers. (J’en ai tiré une assez grosse fierté.)

Et puis, plus la tâche se facilitait pour moi, l’expérience aidant, plus je me suis rendue compte que je ne faisais plus des traductions uniquement pour m’exercer. J’en étais venue à apprécier réellement de me poser dans un coin, le soir, pour traduire un écrit.

Pourquoi ? C’est pourtant assez pénible de traduire un texte, c’est chronophage et le temps qu’on passe à traduire, on le passe à ne pas écrire. Pour une autrice en herbe comme moi, tous ces inconvénients auraient dû me rebuter. Pourtant, j’y prenais goût.

Je l’ai déjà dit : rien que le concept de la traduction me fascine. Pouvoir retrouver exactement la même histoire que celle de la version originale, bien que différente, c’est assez magique quand on y pense. Je veux dire, au Moyen-Âge ou même après, il y avait peu ou prou de traductions, il fallait se démerder et savoir parler anglais pour lire le Harry Potter de l’époque. (Ou alors, fun fact, il fallait savoir parler latin.) Donc la traduction, ça ne va pas de soi. C’est une chance qu’on a de vivre dans une époque qui propose de tels services.

Et puis justement, je trouve en tant qu’autrice en herbe que le travail de traduction est très intéressant. Au fond, quand on traduit, il faut transcrire une langue étrangère dans notre langue ; tandis que quand on écrit, il faut réussir à transcrire notre esprit en mots. C’est le même processus. Dans la traduction comme dans l’écriture, nous parviendrons très rarement à dire, de manière parfaitement littérale j’entends, ce que l’on avait à l’esprit. C’est souvent une source de frustration chez l’auteur amateur — de voir qu’il a une scène en tête, pleine de détails, parfaitement claire, et qu’il n’arrive pourtant pas à l’écrire. La traduction dans ce cas-là peut se révéler utile : elle apprend que le littéral n’est pas toujours le meilleur moyen d’arriver à ses fins. Qu’il faut parfois remodeler ses phrases quand on est bloqué. Passer par l’idiomatique. Contourner. Mais aussi écrire même quand on n’est pas convaincu (car l’omission est la worst thing ever), quitte à reprendre plus tard. Ne pas se décourager.

Je ne sais pas si c’est le cas pour beaucoup de monde, mais personnellement ma facette traductrice m’a beaucoup appris sur ma facette autrice. C’est un travail plein de correspondances, et réellement, ça me fascine. Et je sais très bien que même si je vais crouler sous le travail cette année (prépa sisi tavu), je vais me ménager quelques périodes pour pouvoir continuer à traduire.

Et puis n’oublions pas que sans traduction, nous n’aurions pas Harry Potter. Et ça, c’est beau.


Pour continuer ta lecture, tu peux :

  • aller lire cet article assez bien foutu donnant des conseils sur la traduction, au cas où tu veux te lancer
  • te lancer toi-même dans la traduction, de fanfics par exemple (et si tu veux poster plus tard tes travaux, demande bien à l’auteur original avant — souvent il est ravi de voir que sa fic plait à l’international !)
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Une réflexion au sujet de « #JournéeDeLaTraduction »

  1. Faudrait que je pense à tenter la traduction aussi (ton article envie de ouf de s’y mettre tsaa) mais j’ai pas le niveau, hélas x)
    Mais grâce à toi, j’ai appris cuddle. Merci o/
    (Harry Potter, c’est le bien).

    J'aime

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